. Eux aussi seront inscrits sur le mur, distribués par le trou. Ils doivent être christianisés, c'est-à-dire visagéifiés. Le racisme européen comme prétention de l'homme blanc n'a jamais procédé par exclusion, ni assignation de quelqu'un désigné comme "Autre" ce serait plutôt dans les sociétés primitives qu'on saisit l'étranger comme un " autre ".
Le racisme procède par détermination des écarts de déviance, en fonction du visage Homme blanc qui prétend intégrer dans des ondes de plus en plus excentriques et retardées les traits qui ne sont pas conformes, tantôt pour les tolérer à telle place et dans telles conditions, dans tel ghetto, tantôt pour les effacer sur le mur qui ne supporte jamais l'altérité (c'est un juif, c'est oun arabe, c'est un nègre, c'est un fou..., etc.). Du point de vue du racisme, il n'y a pas d'extérieur, il n'y a pas de gens du dehors. Il n'y a que des gens qui devraient être comme nous, et dont le crime est de ne pas l'être. La coupure ne passe plus entre un dedans et un dehors, mais à l'intérieur des chaînes signifiantes simultanées et des choix subjectifs successifs. Le racisme ne détecte jamais les particules de l'autre, il propage les ondes du même jusqu'à l'extinction de ce qui ne se laisse pas identifier (ou qui ne se laisse identifier qu'à partir de tel ou tel écart.). Sa cruauté n'a d'égale que son incompétence ou sa naïveté. Voir l'exposition des arts dégénérés"
Mille plateaux; Capitalisme et Shizophrénie 2, Gilles Deleuze, Félix Guattari, Les Editions de Minuit.